17 juillet 2024

La Journée de L’Enfant Africain (JEA) est commémorée chaque année le 16 juin par les États Membres de l’Union Africaine (UA) dont le Togo (conformément à la Résolution CM/Res.1290 (XL))

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Cette commémoration est d’abord une occasion pour rappeler les insurrections de 1976 à Soweto (Afrique du sud), quand une protestation par des écoliers contre une scolarité inspirée par l’apartheid, a eu pour résultat la répression brutale et meurtrière de ces jeunes manifestants non armés par des policiers. Deuxièmement, cette journée est une opportunité pour réfléchir sur les réalités vécues de nos jours, par les enfants en Afrique. Elle permet à ceux qui s’occupent du bien-être des enfants de se concentrer sur le travail de tous les acteurs dévoués aux droits de l’enfant sur le continent, de consolider leurs efforts et de lever les obstacles à la réalisation des droits de l’enfant. La Journée de l’Enfant Africain est encore une occasion pour les Gouvernements, Institutions Internationales et Communautés de renouveler leurs engagements continus pour l’amélioration de la condition des enfants en général et des enfants marginalisés et vulnérables en particulier et la sensibilisation. 

Le Comité Africain d’Experts sur les Droits et le Bien-être de l’Enfant (CAEDBE), organe conventionnel établi pour surveiller la mise en œuvre de la Charte Africaine des Droits et du Bienêtre de l’Enfant (CADBE) identifie chaque année le thème de la JEA. Le thème retenu cette année est : « 30 ans après l’adoption de la Charte : accélérer la mise en œuvre de l’Agenda 2040 pour une Afrique digne des enfants ».

L’Agenda 2040, adopté en 2016, est un agenda de 25 ans visant à réaliser des progrès stratégiques à long terme dans la mise en œuvre des droits de l’enfant en Afrique. Mettent l’accent sur les enfants, il s’inscrit lui-même dans l’Agenda 2063, élaboré en mai 2013 par les dirigeants africains lors de la célébration du 50e anniversaire de l’Union Africaine (UA). Dans ce contexte, l’Agenda 2040 de l’Afrique pour les enfants est le suivant : favoriser une Afrique digne des enfants en tenant compte de la vision sur les enfants de l’Agenda 2063, dont le paragraphe 53 considère que « les enfants africains devront se réaliser à travers la mise en œuvre totale de la Charte sur les droits et le bien-être de l’enfant ».L’Agenda 2040 formule aussi une série d’aspirations : la Charte africaine sur les droits de l’enfant offre un cadre juridique efficace pour l’amélioration des droits de l’enfant ; un cadre institutionnel, politique et législatif protecteur des droits de l’enfant est en place dans tous les États ; la naissance de chaque enfant et d’autres informations vitales sont enregistrées ; chaque enfant survit et a une enfance saine ; Chaque enfant grandit bien alimenté et a accès aux nécessités

de la vie ; chaque enfant bénéficie pleinement d’une éducation de qualité ; chaque enfant est protégé

contre la violence, l’exploitation, les négligences et les abus ; les enfants bénéficient d’un système de justice pénale spécifique ;chaque enfant est préservé contre les conséquences des conflits armés, d’autres catastrophes ou des situations d’urgence ; le point de vue des enfants africains compte.

La Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, est adoptée le 9 juillet 19990 au 26ème Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA).

Ratifiée par le Togo le 5 mai 1998, la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, est entrée en vigueur le 29 novembre 1999. L’une des raisons de vouloir disposer d’une Charte Africaine des Enfants était le sentiment que l’Afrique n’avait pas été assez représentée lors du processus d’élaboration de la CDE. Une deuxième raison importante était la perception que l’Afrique avait besoin de disposer d’une Charte pour les enfants qui reflète les particularités du contexte africain. Le Préambule de la Charte indique qu’elle émerge des valeurs sociales et culturelles de l’Afrique, dont celles relatives à la famille, la communauté et la société, et qu’elle prend en compte les vertus de l’héritage culturel, le contexte historique et les valeurs de la civilisation Africaine.

Depuis lors, le Togo a pris plusieurs mesures pour intégrer les droits et le bien-être de l’enfant. Au plan juridique, nous avons la constitution du 14 octobre 1992 modifiée en mai 2020 ; l’ordonnance n°80-16 du 31 janvier 1980 portant code des personnes et de la famille au Togo modifiée en 2013 ; le nouveau code pénal de 2015 ; le code de procédure pénale du 02 mars 1983 ; la loi n° 98-16 du 17 novembre 1998 interdisant les mutilations génitales féminines ; la loi n° 2005-009 du 3 août 2005 portant répression du trafic des enfants au Togo ; la loi n° 017-2007 du 6 juillet 2007 portant code de l’enfant ; la loi n° 2009-010 du 11 juin 2009 relative à l’organisation de l’état civil au Togo et bien d’autres textes.

Des Initiatives sont également prises pour promouvoir les valeurs, traditions et pratiques culturelles positives. Grâce à l’action des comités locaux de protection conjuguée avec l’esprit d’ouverture des chefs de couvents, l’initiation des enfants a lieu pendant les vacances scolaires et s’étale sur une durée de deux à quatre semaines, permettant ainsi aux enfants de fréquenter et de suivre l’initiation du culte de Vodou ; Aussi, les pratiques traditionnelles dans les communautés Bassar (danse des vierges) et Kabyè (akpéma) ont-elles été encouragées. Aujourd’hui, nombreuses sont les jeunes filles qui préservent leur virginité jusqu’au mariage. La promotion de ces valeurs traditionnelles et pratiques culturelles vise la protection des enfants contre les mariages précoces et forcés ainsi que les IST/VIH-SIDA ; en matière de promotion des droits de l’enfant, la CNDH s’attèle à la sensibilisation des enfants sur les droits de l’Homme en général et plus spécifiquement sur les droits de l’enfant en particulier. Ainsi, pour les impliquer plus efficacement en la matière, elle a entamé une expérience pilote en mettant en place dans certains établissements scolaires de Lomé (collèges et lycées) des clubs des droits de l’Homme et bien d’autres mesures et programmes visant la protection de l’enfant togolais.

Cependant, force est de reconnaitre qu’en dépit des progrès réalisés par le Togo avec l’appui des

partenaires, la situation n’est pas satisfaisante. Elle se traduit par de multiples problèmes auxquels

sont confrontés les enfants. Les taux de mortalité et de morbidité demeurent élevés tandis que la prise en charge des enfants victimes de traite, de violence, d’abus et d’exploitation demeure insuffisante.

Pour le Président du Conseil d’Administration de l’association Initiative Citoyenne des Jeunes la Voix des Enfants « ICJ-VE », M. Samiroudine OURO SAMA ; l’édition 2021 de la commémoration de la Journée de l’Enfant Africain (JEA), est une invite à une réflexion et à un engagement sans faille de tous afin de s’attaquer aux nombreux défis auxquels sont confrontés les enfants à travers le continent. Une occasion aussi de sensibiliser à la situation des enfants en Afrique, en appelant les dirigeants à assurer à tous l’accès aux soins et à l’éducation, et à leur donner la possibilité de défendre leurs droits.

Cette commémoration nous offre également l’opportunité de féliciter les autorités togolaises pour les efforts consentis dans la mise en œuvre effective de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant. Toutefois force est de constater qu’il reste encore beaucoup à faire pour l’effectivité de la mise en œuvre de cette charte. Les autorités togolaises doivent prendre des mesures nécessaires pour assurer la mise en place des mécanismes nationaux en vue de garantir aux enfants togolais, la jouissance de leur droit à la liberté d’expression ; la vulgarisation à l’endroit des populations et des pouvoirs publics décentralisés, des règles de protection des mineurs privés de liberté ; la sensibilisation des parents sur les méfaits et les échecs du « confiage » des enfants, qui a montré ses limites. Nous encourageons le gouvernement à redoubler d’efforts, dans sa volonté d’assurer le bienêtre des enfants sur tout le territoire ; définir une stratégie nationale de lutte contre les violences, abus et exploitation sexuels des enfants qui permette d’endiguer ce fléau et de prendre en charge les victimes ;  ou encore élaborer et assurer la mise en œuvre d’une politique nationale de protection sociale des familles et des enfants vulnérables afin d’apporter une réponse holistique aux causes des violations des droits de l’enfant en améliorant l’accès des familles et des enfants en difficulté aux services sociaux de base et à des services de protection sociale.

L’association Initiative Citoyenne des Jeunes la Voix des Enfants « ICJ-VE) souhaite à tous les enfants africains notamment du Togo, une bonne célébration de la journée de l’enfant africain 2021.

CONTACTS MEDIAS

Samiroudine OURO SAMA

Président du Conseil d’Administration (PCA) / ICJ-VE

Tél : +228 90699822/97313991

E-mail : samir1991.ourosama@gmail.com / ourosamasamiroudine@crlyalidakar.org 

 

Publié par Achiraf ALI

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