24 juillet 2024

Monaco's French coach Thierry Henry (2ndL) gestures before the French L1 football match between Strasbourg (RCSA) and Monaco at the Meinau stadium in Strasbourg, eastern France on October 20, 2018. (Photo by FREDERICK FLORIN / AFP)

Sports/ Chronique de Yves de Fréau: Le vent de janvier

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La Chronique de Yves de Fréau: Le vent de janvier

Le mois de janvier a la réputation de paraitre long. Et même s’il ne contient que 31 jours comme 7 des 12 mois que compte toute année, il donne toujours l’impression d’être trop long. Tellement extensible qu’il agace presque tout le monde. Surtout les fonctionnaires, qu’ils soient cadres ou roulant sur le Smig. Les fêtards inconditionnels de Noël et de nouvel an, savent bien de quoi il s’agit.

Le vent de janvier a la triste réputation d’être insupportable. Et c’est bien connu. Pour la simple raison qu’il offre pour la plupart des foyers, l’occasion de payer le prix des extravagances et des dépenses sans calculs effectuées au cours des fêtes organisées entre le 24 décembre et le 1er janvier. Et habituellement, on se réveille les matins des 02, 03 ou 04 janvier avec une forte gueule de bois mais aussi pour se rendre compte que sa bourse est profondément entamée. Et se retrouve presque vide. Commencent alors les dures et difficiles journées de manque où, qu’on le veuille ou pas, il faudra serrer la ceinture. Ceci dure ordinairement 16 jours, même un peu plus… Le reste de ce que contient le porte-monnaie ne pouvant dépasser le 15 janvier…

Malheureusement, c’est cette date de 15 janvier choisie par les dirigeants de Foadan FC de Dapaong pour se séparer de leur coach Sow Baldé pour « insuffisance de résultats ». Un motif tout à fait valable quand on connait la position du club de Tône (11e sur 14, et 3 points seulement de plus que le premier relégable) au classement.

Sow-Baldé- Ex-Coach Foadan

En effet, la décision de la direction de Foadan FC de remercier son entraineur ne souffrirait d’aucune contestation ni de commentaire si le « démissionné » n’avait pas par la suite lâché quelques mots liés à l’atmosphère et à la précarité qui entourent ce…vase clos installé au creux de la ville de Dapaong. Encore qu’il se dit que là-haut à l’extrême nord du Togo, un choix exigé entre un joueur et ledit coach, eut même à contraindre Dapaong à opter pour « son » Sadate Hassan aux détriments du technicien sénégalais Sow Baldé. Bon ou mauvais choix ?

A cette question, si elle lui était posée, l’ex charismatique président de l’Olympique de Marseille Bernard Tapie, répondrait « NON, c’est un mauvais choix » ! On peut virer un entraineur et garder intacte son équipe, mais jamais, on ne peut se séparer d’un coach à cause d’un seul joueur. Puisse t-il être le meilleur ! C’était lui en effet, Bernard Tapie qui disait que c’est parce qu’il ne peut renvoyer tous ses joueurs lorsque les résultats se font désirer, il préfère sacrifier l’entraineur. Dans des situations de blocage, l’histoire retient que la seule décision à prendre, c’est toujours celle-là. Telle que l’ont prise les responsables de Foadan FC, priant le coach Sow Baldé à aller voir ailleurs… Oublié donc, le fait qu’il était celui qui avait conduit Foadan FC en première division en 2007. Oublié aussi qu’il en était le sauveur la saison dernière. C’est tout comme en France où un certain super Thierry Henry vient d’être suspendu « de ses fonctions d’entraineur le jeudi 24 janvier 2019 en attendant une décision définitive ». Question d’insuffisance de résultats, oui ! Et ça, ça ne pardonne pas, quoi qu’on ait réalisé en tant que joueur, ou qui qu’on se croit être. Décidément, ce mois de janvier !!!

Autre cas chez nous, c’est celui de Didier Amegan qui n’a pas attendu qu’on lui montre la porte de sortie avant de plier ses bagages. Alors, il s’autocensure et se vire de la tête de Gbohloe-su FC d’Aného. Non pas pour simple insuffisance de résultats mais pour « blocage ».

Didier Amegan au sac rouge

Là, c’est même pis parce qu’il y a comme un manque criard de solution. Même pas à l’horizon, selon l’intéressé. Lequel résume en quelques mots, l’échec de trop au stade municipal de Lomé face à l’AS Togo Port à l’issue de la 13e journée :

« C’est un résultat amer, dans la mesure où on était venus ici pour gagner mais ce fut le même scénario. On a pris le but dés les premières minutes, on a couru derrière l’égalisation jusqu’à la fin. C’est décevant…mais moi je ne sais pas. On a tout essayé, on a repris les entrainements, juste après les fêtes. Là où je suis arrivé, je suis au bord du gouffre… ». Conclusion : Didier Amegan « abandonne le navire ». Ce sont ses propres termes, en direct face à la presse, et juste après son nouvel échec, une défaite de trop face à l’avant dernier, et qui le plonge profondément dans le trou. Et justement, là où il s’était trompé c’est qu’il n’était pas au bord du gouffre, il était au fond du gouffre. Et il laisse comme un cadeau empoisonné à son successeur.
Gare donc à ce téméraire qui va oser prendre la relève là-bas dans les Lacs! Puisse t-il se faire appeler Claude Yenké, ancien champion, ancien international, ancien excellent joueur…Y a qu’à s’approcher de son jeune frère Coubageat Wakilou de la SNPT FC pour voir comment un tel héritage peut être difficile à gérer. Un cadeau empoisonné, ça ne s’essaie pas parce qu’absolument nuisible. Et puis, ironie du sort, c’est cette SNPT FC de Coubageat Wakilou en situation de mort certaine, que croise l’Etoile Filante de Ouadja Lantame en situation d’inconfort total, ce samedi de janvier en championnat de D2. Ô janvier, quand tu nous tiens !
En manque d’efficacité depuis trois journées (pas un seul but inscrit par son attaque), le coach des Bleus perd jour après jour, l’estime des « Vivas ». Et dimanche dernier face à l’Asfosa à Ablogamé, ça a commencé par gronder. Les supporters du Shooting Star désespèrent face aux méthodes de l’ancien joueur de Servette de Genève. Naturellement, ils l’ont manifesté : « C’est comme il joue seulement pour ne pas perdre…il ne joue pas pour gagner ; on dirait que ces petits-un-point pris lui servent à quelque chose ». L’identité technique du coach Ouadja est ainsi résumée. Et en trois phrases, ce supporter semble avoir fait la même lecture que beaucoup d’autres… Sans doute qu’une 4e rencontre sans but à l’issue de la 12e journée ce samedi 26 janvier face à la SNPT FC, serait perçue par les dirigeants de l’Etoile Filante de Lomé comme un nouvel échec de leur « bien aimé » Ouadja Lantame. Et là, il risquerait de se faire emporter à son tour par le vent de janvier.

 

La rédaction

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